« Le Makossa est mort, oui c’est bien, ça me plaît! ». La phrase qui a créé le mal et le buzz

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Nernos- le makossa est mort

Il y’a quelques jours mon collègue blogueur Arthur himins faisait un post sur facebook posant la question suivante : « Notre addiction aux faits divers reflète t-elle notre degré d’ennui??? ». Une question qui aussi banale qu’elle soit est vraiment fondée lorsqu’on observe les comportements des confrères camerounais sur internet. Cas de la musique où certaines internautes se sont spécialisés dans la récupération et la promotion des faits divers plus ou moins inutiles.  Le drame c’est qu’on s’y enferme à tel point qu’on oublie de se cultiver. On rit plus qu’on ne réfléchit; c’est juste un constat hein.

Il fallait passer par là pour introduire ce fait divers qui fait mouche depuis un moment dans la musique kamer. Ce « un moment », c’est en effet le dimanche 16 juillet, deux jours après la sortie du clip du single « Mangosi » de Ngoma en collabo avec Nernos et Kikoh. Ce jour là, dans l’émission jambo sur Canal 2, le présentateur Tchop tchop a manifesté son indignation face aux propos de Nernos qui dans son couplet sur le morceau dit  » Le makossa est mort, oui c’est bien,  ça me plaît! Oui c’est bien ça me plaît ».

Il n’a pas fallu longtemps pour que la récupération s’y prête, mais surtout que les acteurs de musique hiphop kamer et makossa réagissent. Voilà qu’un buzz est parti et que très vite un débat tiré est né. Des prises de parti, des opinions divergents, mais surtout plus de visionnage de la vidéo. Le clip fait par Shamack  sur lequel à la base on avait misé ne sera plus l’atout d’attrait. Ce clip qui d’ailleurs a de nombreuses scènes semblables à celles de « Do le dab » de Tenor. Mais bon! Passons…

Nernos n’a pas tardé lui aussi à réagir, en disant « Ce n’est qu’une punchline ». Chose encore plus heurtante pour ceux-là qui n’étaient pas de son parti. Oui parce qu’en effet il semble ne pas savoir ce qu’on appelle une punchline.



Mon avis 

J’ai eu à produire il y’a quelques temps un article titré « Ces chanteurs de makossa qui ont viré vers l’Afropop ». LIRE ICICela avait pour but non seulement montrer l’état des lieux du Makossa. Mais aussi l’évolution chez certains artistes. En marquant surtout le fait que la musique aujourd’hui n’a pas autant de rigueur qu’à l’époque du grand Makossa. Oui, je l’ai dit, il s’est affaibli et de nombreux facteurs tant externes qu’internes ont conduit à le rendre contre-productif à tel point qu’à une époque la musique kamer ne challengeait plus. Une chose est vraie c’est que la musique Makossa d’avant était de loin meilleure en qualité et en rigueur par rapport à ce qu’on a aujourd’hui.

Loin de vouloir soutenir les propos légers de Nernos (qui à mon avis ne rappe même pas dans ce titre. Aucun ordre, aucun art si ce ne sont les backs son couplet est vide et dénué de sens) . En attendant de vous définir ce qu’on appelle « punchline » afin qu’on ne l’utilise plus à tord et à travers dans n’importe quel cas. Le constat est que ce dernier n’a point d’arguments plausibles pour défendre ses propos décalés.

Mais n’oublions pas que Nernos bien que peu réfléchi, s’est placé dans la peau du rappeur à l’époque où on mettait la jeune musique actuelle en marge. Époque où les amateurs de hiphop les appelaient les makossistes. C’est la rage mal dite résultant  d’une frustration que de nombreux pratiquants du rap ont eu.
Je me souviens d’ailleurs du morceau de FRANKO « Pourquoi pas nous » sorti dans son 1er album en 2012. Qui, invitait les artistes urbains à travailler pour défier les artistes makossistes en pronostics.
Le bien qui réside ici c’est qu’un nouveau débat se lève. Une alerte sonne. Ça montre à quel point les enfants ont été négligés par leurs parents. À quel point l’art Camerounais tend à être malfamé. Ça montre à quel point les héritiers du Makossa l’ont détruit. À quel point ses pères n’ont pas transmis son essence et ses secrets. Ça montre aussi à quel point nos oreilles sont tordues à tel point que certains ne savent pas apprécier le légendaire Makossa. Une source à laquelle on devrait s’abreuver car elle est si riche que son recyclage ou sa mise en néo forme pourrait redonner le sérieux à cette génération. Il faut écouter les répertoires de Jovi et Andy jamea pour le comprendre.

Voilà qui a encore servi à faire jaser, mais pour quel impact à la fin? Combien de tous ceux là vous diront même quel est le titre du morceau dans lequel Nernos le dit? Savent t’ils qu’à la base, le jeune Ngoma est à son 4e single et qu’il a fait appel à Nernos et Kikoh pour le morceau qui s’intitule « Mangosi« ?

Nernos lui même en profite t’il réellement? Qu’en sera t’il après le buzz passager étant donner que le clip son single « OVPP » souffre de visibilité? Ne s’est t’il pas décrédibilisé chez certains ? Et vous (nous), artistes, promoteurs, public, qu’allez vous faire alors pour que ce Makossa revive ou au moins ait des traces ?  rien comme d’habitude. Demain on sera encore en train d’écouter et féliciter la musique fast food calquée et suivant le buzz, ce que la plupart font aujourd’hui. Connaissez vous au moins quelques chanteurs de l’époque du makossa et leurs morceaux? que faites vous pour que les jeunes les découvrent? Vu que personne ne fait rien on va se contenter de la soit disant musique urbaine qui ressemble à toutes les autres en Afrique (Dans le global je veux dire)

Au final, mon ami Arthur Himins avait bien posé sans question, car, visiblement l’ennui fait qu’on bavarde sur tout sujet qui sert à divertir la toile.

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